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Kamel MOUSSA

Equilibre instable

La révolution tunisienne s'est achevée, laissant derrière elle un vide que les jeunes tunisiens portent en eux.
Emancipés et troublés, dans un pays tiraillé entre progressistes laïques et conservateurs religieux, leur identité est bousculée. Inscrits malgré eux dans une histoire qui les dépasse, ils se retrouvent ballottés entre incertitudes et combines.

Dans le sud-est les entreprises ont disparu depuis longtemps. L’économie locale, asséchée et essoufflée, vient de recevoir le coup de grâce suite aux derniers attentats en Tunisie.
Au début les mots d’ordre de la révolution étaient ceux de la dignité et de la justice sociale. Maintenant, abandonnés à leur sort, les jeunes Tunisiens vivotent et leur désespoir est immense.

Pour tenter de comprendre ces jeunes d’aujourd’hui et celui que j’étais quelques années en arrière, j’interroge le familier avec une volonté de regard neuf, pour saisir des instants qui m’ont échappé. Cette nouvelle société m’est à la fois étrangère et tellement familière. Comme eux, j’ai abandonné avec amertume les espoirs nés au moment de la révolution.

Sans vraiment savoir si je suis à la redécouverte d’une famille, d’une Tunisie ou d’un héritage perdu, c’est une vulnérabilité, une fragilité de la jeunesse tunisienne que je vois à travers eux.

Photographe belgo-tunisien, résident à Bruxelles, Kamel Moussa a suivi ses études à l’Ecole de Photographie de Bruxelles, Agnès Varda et à l’Ecole Supérieure des Arts de l’Image Le « 75 », à Bruxelles.

Ses projets photographiques sont marqués par un style documentaire. Les thèmes de prédilection de son travail sont l'exploration des notions d’identité et d’appartenance ainsi que la fragilité et l’ambiguïté qui caractérisent les jeunes. Il Privilégie les travaux de longue durée tout en essayant de photographier les gens dans leur milieu tel qu’ils se présentent.

https://www.instagram.com/kamel.moussa/