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Jeanne TARIS - Gitans de Perpignan : et demain ?

A 17 ans, Jeanne TARIS découvre la photo. Depuis, elle capture toujours des moments bruts, des situations remplies d’émotions, des hommes et des femmes atypiques. Mais elle œuvre sans rien trier, rien imprimer, rien montrer. Jusqu’en 2015 où elle s’inscrit à un workshop Leica. On l’encourage à montrer son travail. Commence alors une deuxième vie, celle d’une photojournaliste qui aime l’immersion, les semaines, les mois passés sur un sujet.

De la Côte d’Ivoire au quartier gitan de Perpignan, chaque cliché raconte une histoire, un instant figé d’une fresque plus grande. Un travail qui se distingue au fil des années. Ses photos ont été exposées à de nombreuses reprises et publiées dans Sud-Ouest, Polka n° 39, 6 MOIS n° 16, Vice, The Washington Post.

En juillet 2018, elle remporte le Leica Galleries International Portfolio Award au festival Voies Off d’Arles.

Ils sont six mille, peut-être sept mille gitans à vivre dans le quartier Saint-Jacques, au cœur historique de Perpignan. Dans cet entrelacs de ruelles, les maisons sont délabrées, insalubres parfois, les enfants sont dehors jusque tard dans la nuit, peu vont à l'école. Les femmes, assises sur des chaises pliantes, sur le pas de leur porte, les regardent jouer tandis que les hommes, souvent absents, font la sieste ou se retrouvent sur les places du quartier. Depuis des années, la drogue ronge la jeunesse. Les églises évangéliques, aussi actives que conservatrices, tentent de sauver les brebis du quartier. À Saint Jacques, peu de gens travaillent, beaucoup vivent des allocations. Le tableau est noir. Les clichés ont la vie dure. Et beaucoup disent que le futur ne s'annonce pas meilleur. Et pourtant, Jeanne TARIS s'est prise d'affection pour ces familles qui l'ont accueillie, elle, la « payo » qui est entrée dans leur quartier un jour de septembre 2016, qui a passé de longues heures assises à leurs côtés sur les trottoirs, les a photographiés les jours de fêtes et les matins quotidiens. En arrivant à Saint-Jacques désormais, elle ne manque jamais d'aller saluer Jeanne, Marceline, Joseph, Ange, Monique, Pacheco, Chatou, Désiré, Thierry, Antoine, Pitchuro, Ismaël… Jeanne s'est rendue à plusieurs reprises dans ce quartier, que certains n'hésitent pas à appeler « ghetto » et où les Perpignanais ne vont quasiment jamais. Elle a passé des journées, des nuits, deux fêtes de Noël et deux jours de l'an avec les Gitans de Saint Jacques, en cherchant la lueur d'espoir, la joie, la convivialité qui malgré tout transparaît.

http://jeannetaris.com

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